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Femme en fleur qui symbolise la gestation pour autrui

Témoignage: Quand la gestation pour autrui devient la seule solution

Atteinte du syndrome d’Asherman, Elodie (44) s’est rendue en Grèce pour une GPA (gestation pour autrui). Le témoignage d’Elodie, nous a ému car plusieurs de nos clientes ont été touchées par ce syndrome qu’on ne connait que peu. Même Advala fondatrice d’ART Fertilité by maFIV en a souffert suite à une IMG. Ce syndrome peut être soigné dans beaucoup de cas, mais pas toujours… Il devient donc impossible de porter un enfant, et dans ce cas, que faire? 
Même si la question de la GPA peut paraitre pour certains controversée, elle est parfois la seule possibilité pour avoir un enfant, l’adoption étant de nos jours, et très malheureusement, un parcours du combattant dont certains en ressortent vainqueurs après de nombreuses années (parfois jusqu’à 10 ans).
ART Fertilité souhaite partager l’expérience d’Elodie avec vous afin de montrer la force d’une mère pour avoir son enfant même si c’est d’une manière un peu différente. Lisez ici son témoignage!

Pour quelles raisons vous êtes-vous orientée vers la gestation pour autrui?

J’ai fait 5 FIV à Paris. Toutes ont échoué. Effondrée et désespérée après la dernière FIV, je pensais que je n’aurais jamais d’enfant. Je pleurais tous les jours. Peu de temps après, mon conjoint et moi, nous sommes séparés. Bref, tout allait mal.

Puisque ce désir d’enfant était plus fort que tout, je suis allée en Grèce. Là-bas, après plusieurs examens, le gynécologue m’a annoncé que j’avais un syndrome d’Asherman. Toutefois, il ne m’en a pas expliqué la cause. Il ne me restait que 20% d’utérus “sain” et donc le verdict est tombé ” je ne pouvais pas porter d’enfant”. C’était encore un choc…

Mais, je n’ai pas l’habitude d’abandonner ! Après cette annonce, il est apparu que le seul moyen d’avoir un enfant était d’avoir recours à une mère porteuse (avec double don de gamètes compte tenu de mes 44 ans et en tant que célibataire).

Pour quelles raisons avez-vous choisi la Grèce?

En Grèce, la GPA est légal. J’ai simplement signé un contrat chez un notaire avec la mère porteuse. Il stipule qu’à la naissance, elle abandonne ses droits sur le bébé, en ma faveur. Puis, avec un avocat grec, je suis allée au tribunal.

En Grèce, pour avoir recours à une mère porteuse, il faut théoriquement avoir fait 3 FIV ou avoir des documents médicaux qui prouvent l’incapacité à porter un enfant. Il faut aussi avoir moins de 51 ans. Le gynécologue grec m’a fait un papier certifiant que je remplissais ces conditions.

Environ deux mois plus tard, le tribunal a rendu sa réponse. Réponse positive. J’étais tellement heureuse. Enfin mon rêve pouvait se réaliser !

Pourquoi avez-vous choisi un don d'ovocytes lors de votre GPA?

Le gynécologue grec m’a dit que passé 40 ans, les chances de réussite sont plus faibles avec mes propres ovocytes. C’est seulement 10% de réussite et une chance sur deux de faire une fausse couche, donc finalement 5% de réussite.

De plus, après mes 5 FIV et toutes les injections, prises de sang, échographies, je n’avais plus envie de subir cela à nouveau pour le prélèvement de mes ovocytes.

Pouvez-vous nous expliquer comment se sont déroulés les traitements?

Une fois les procédures administratives et légales remplies, les traitements ont débuté.

La clinique a conçu les embryons, à partir d’un don d’ovocytes et d’un don de sperme. Tous deux anonymes. J’ai pu néanmoins choisir les critères physiques. J’ai demandé des yeux verts, alors la clinique a trouvé un donneur aux yeux bleu-vert et une donneuse aux yeux marron-vert. Ce qui était important pour la clinique, c’est que les 2 donneurs aient le même groupe sanguin que moi.

Puis, les médecins ont transféré un embryon dans la mère porteuse. Au premier essai, elle était enceinte! Pour la mère-porteuse, je n’ai pas eu le choix: j’ai accepté celle qui était disponible. J’étais très contente qu’on m’en trouve une!

Environ 2 mois et demi après, des analyses étaient envoyées dans un laboratoire en Suisse afin de vérifier les chromosomes 18 et 21 (un DPNI – dépistage prénatal non invasive).  Les analyses ont également dévoiler le sexe de l’enfant. Dès ce moment-là, j’ai su que “j’attendais” un garçon.

Pendant la grossesse de la mère porteuse, il est possible de lui rendre visite autant que l’on souhaite, mais je n’ai pu y aller qu’une fois.

Aussi, la clinique a organisé une échographie avec la mère porteuse et j’ai pu voir mon bébé. J’ai pu poser mes mains sur le ventre de la mère porteuse… C’était très émouvant!

Comment s'est déroulée la naissance?

Au bout de 8 mois (avec 1 mois d’avance), mon fils est né. Je me suis aussitôt rendue en Grèce pour le chercher. Si j’avais été là au moment de sa naissance, j’aurais eu la possibilité de dormir à l’hôpital avec lui. Et ceci, dès la 1ère nuit si je l’avais souhaité. Mais, comme il est né en avance (le coquin!), je n’étais pas là.

Racontez-nous la première rencontre avec votre fils.

Quand je suis arrivée en Grèce, je suis allée le voir à l’hôpital. Quel merveilleux moment! Je voyais enfin cet être si longuement attendu. Lorsqu’il a ouvert les yeux, j’ai croisé son regard… C’est un moment que je n’oublierai jamais!
 
Avant de rentrer en France, il y avait encore des procédures administratives à remplir. Avec l’aide de l’avocat, je suis allée enregistrer la naissance de mon fils.

Quelles ont été les procédures pour rentrer en France? Y a-t-il eu des obstacles légaux ?

Vu qu’il y a eu une décision de justice, sur l’acte de naissance j’apparais comme la mère de mon fils. Si j’avais eu un conjoint qui avait donné son sperme, lui serait indiqué comme le père.
 
L’ acte de naissance en main, je me suis rendue au Consulat à Athènes avec mon bébé. Là, j’y ai obtenu un laissez-passer pour rentrer en France. Dès notre retour en France, je suis allée à la mairie pour demander un passeport pour mon fils. Deux mois plus tard, je l’ai reçu.
 
Lorsque l’on est bien renseigné, il n’y a pas d’obstacles légaux pour rentrer en France avec le bébé. Mais si on ne connait pas la loi, c’est plus compliqué.  Les papiers pour rentrer nous sont refusés car la France est contre la GPA, alors que le Consulat est dans l’obligation de délivrer les papiers de retour ! Heureusement, j’ai eu la chance d’être conseillée par la meilleure avocate française.

Est-ce que vos proches (famille et amis) étaient au courant de votre projet? Comment ont-ils réagit?

Au début de mon projet de GPA, seules mes meilleures amies étaient au courant. Elles m’ont soutenue. Il y en a même une qui m’a accompagnée en Grèce lorsque je suis passée au tribunal. Une autre m’a accompagnée lorsque je suis allée voir la mère porteuse enceinte et assister à l’échographie.
 
Je l’ai annoncé à ma famille lorsque la mère porteuse était enceinte de 3 mois. Je voulais être sûre qu’il n’y avait plus de risque de fausse couche.
 
Ma mère a d’abord été très émue et contente à l’idée de devenir enfin grand-mère! Puis a suivi la phase de ses angoisses: “C’est interdit en France” “Tu vas aller en prison“, etc… C’est bien pour ça que je ne lui avais pas dit avant ! Aujourd’hui, elle est ravie d’être grand-mère et de garder mon fils le plus souvent possible.

Est-ce que le recours à la GPA est quelque chose dont vous parlez?

Oui, j’en parle car peu de personnes savent que la GPA est possible en Grèce. Elle est ouverte aux étrangers que depuis quelques années. C’est plus abordable qu’aux USA !

J’en parle car je souhaite le même bonheur que moi à toutes les femmes et tous les couples qui, depuis des années, ont des difficultés à avoir un bébé…

Quel message souhaitez-vous faire passer aux couples et aux femmes dans la même situation que vous?

Aujourd’hui, j’ai un magnifique et merveilleux bébé. Un garçon qui sourit tout le temps. Je suis comblée de bonheur. Alors Mesdames et Messieurs, n’abandonnez jamais! Continuez d’y croire. Essayez! Il y a toujours une solution pour devenir parent… 

Avec ce témoignage, j’ai souhaité donner espoir à tous les couples et femmes seules qui n’arrivent pas à avoir d’enfant.